La France mythique de Bourdelle

C'est Montauban, sa ville natale, qui commanda à Émile-Antoine Bourdelle (1861-1929) une statue pour son monument au mort de la grande guerre 1914-1918 (Bourdelle avait déjà réalisé, en 1894, pour sa ville le « monument aux morts de 1870 »). « La France » sera livrée en 1923. Le sculpteur, alors âgé de 62 ans, réussit ici la synthèse de ses principales influences historico-culturelles : l'art médiéval d'un côté, par la sobriété du rendu, la rigueur du , la forme allongée du visage, et la mythologie grecque de l'autre, par la symbolique utilisée. Il choisit en effet de représenter la France, sous les traits d'Athéna, déesse de la guerre, de la sagesse, des artisans, des artistes et des maîtres d'école. La divinité tient d'une main une longue lance qui double la taille de la sculpture, portant sa hauteur totale à 9 mètres. Médium entre terre et ciel, « La France » est une œuvre d'essence spirituelle.

Dans les années trente, un bronze de « la France » trouve une place de choix à Paris sur la terrasse du Palais des musées d'art moderne, l'actuel Palais de Tokyo, aux côtés de sculptures en pierre signées Louis Dejean, Léon Drivier ou Auguste Guénot. Le Palais, édifice monumental de art déco, a été inauguré à l'occasion de l'Exposition universelle  de 1937.

Palais des musées d'art moderne, actuel Palais de Tokyo.
Palais des musées d'art moderne, actuel Palais de Tokyo.

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