Juan José Calandria, sculpteur et diplomate

Juan José Calandria, sculpteur et diplomate

Les deux sculptures de Marcel Gimond représentent un même homme. Il est athlétique et a une trentaine d'années. Observons son portrait. Aucun détail ne l'emporte, le visage constitue un tout harmonieux. Gimond allie justesse du modelé et sobriété du sans jamais renoncer à la ressemblance. Du grand art.

Mais qui était son modèle ?

Juan José Calandria est né le 12 décembre 1902 à Canelones (Uruguay). Adolescent, il veut devenir architecte. Il remporte à 18 ans la plus importante bourse d'art offerte en Uruguay : quatre ans d'études à l'étranger. Mais ses parents estiment leur fils trop jeune pour voyager seul. Juan José ne se décourage pas. Il poursuit ses études artistiques et obtient à nouveau la bourse lorsqu'il a 22 ans. À la même époque, il gagne sa première médaille d'or et le grand prix de l'Exposition agricole et industrielle à Canelones.

Après de nombreux de voyages en Europe, Calandria s'installe à Paris où il restera pendant 14 ans. Travaillant tout d'abord sous la houlette d'Antoine Bourdelle, Charles Despiau et Marcel Gimond, il devient ensuite l'adjoint de Gimond à l'Académie Colarossi (nommée également « Académie de la Grande Chaumière »). Par ailleurs, il organise des cours dans son propre atelier. Jusqu'en 1939, il expose dans un grand nombre de galeries et dans les plus grands Salons. Calandria est alors un artiste reconnu et admiré dans la capitale française. À l'occasion de l'exposition universelle de 1937 qui se déroule à Paris, plusieurs de ses sculptures seront présentées dans le pavillon uruguayen.

Le 3 septembre 1939, quand la France et l'Angleterre déclarent la guerre à l'Allemagne, Calandria se trouve en Grèce. Il part directement à New York où il séjourne durant un an. C'est là qu'il épouse la peintre et sculptrice Challis Walker, rencontrée quelques années plus tôt à Paris. Il expose à plusieurs reprises à New York avant de retourner pour quelques mois dans son pays d'origine. En 1941, l'Uruguay le nomme consul de La Nouvelle-Orléans.

 

En 1958, ses fonctions consulaires prennent fin. Dès lors, il se consacre entièrement à la sculpture et à la peinture. Son travail s'oriente vers l'abstraction. Calandria connaît un succès grandissant. Sa dernière grande exposition a lieu au World Trade Mart de la Nouvelle-Orléans.
Dans la dernière partie de sa vie, des douleurs articulaires récurrentes l'obligent à renoncer à la sculpture. Il continue néanmoins à peindre jusqu'en 1978. Il décède en 1980.
Juan José Calandria a été le premier artiste de la Nouvelle-Orléans dont une des œuvres sculptées fut acquise par le célèbre New Orleans Museum of Art (NOMA)*.

Merci à Andrés Calandria pour sa précieuse aide à l'élaboration de cet article.


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